Leaky gut (syndrome de l’intestin poreux)
Augmentation anormale de la perméabilité intestinale permettant aux substances indésirables (bactéries, toxines, antigènes alimentaires) de traverser la barrière intestinale et d'entrer dans la circulation sanguine.
La paroi intestinale est une barrière sophistiquée composée d’une couche unique de cellules épithéliales (entérocytes) liées par des jonctions serrées (tight junctions). Ces jonctions sont régulées par des protéines comme la zonula occludens-1 (ZO-1) et l’occludine. La perméabilité intestinale est dynamique et contrôlée : elle doit permettre l’absorption des nutriments mais bloquer les molécules nuisibles.
En cas de dysbiose ou d’inflammation chronique, les myosin light chain kinases (MLCK) augmentent et affaiblissent les jonctions serrées, augmentant la perméabilité. Des lipopolysaccharides (LPS) de bactéries gram-négatives fuient alors dans le système sanguin, déclenchant une réponse inflammatoire systémique.
Angle original : Le leaky gut est souvent surdiagnostiqué par des naturopathes, mais les liens vers les maladies auto-immunes (type 1 diabète, sclérose en plaques, polyarthrite rhumatoïde, lupus, maladie de Crohn) sont validés scientifiquement. Une étude 2021 (Kinashi et al., Frontiers in Immunology) montre que dysbiose + leaky gut crée un cercle vicieux : la perméabilité intestinale expose le système immunitaire à des antigènes, ce qui déclenche des réactions auto-immunes qui, en retour, aggravent la dysbiose.
Restauration : L’ajout de glutamine (acide aminé qu’utilisent les entérocytes) et de L-glutamine en complément peut aider, mais la restauration passe avant tout par la nutrition (éliminer les irritants, augmenter les prébiotiques) et la gestion du stress.