Nutriments

Cétones (corps cétoniques)

En bref

Molécules énergétiques (acétoacétate, bêta-hydroxybutyrate, acétone) produites par le foie à partir des graisses lorsque les glucides sont rares, servant de carburant alternatif au glucose.

Quand les réserves de glucides sont basses (jeûne, régime cétogène, effort prolongé), le foie transforme les acides gras en corps cétoniques. Ces cétones deviennent un carburant de substitution, notamment pour le cerveau qui ne peut pas brûler directement les graisses.

Angle original (bien plus qu’un carburant de secours) : on a longtemps vu les cétones comme un simple « plan B » énergétique. La recherche récente révèle qu’elles sont aussi des molécules de signalisation aux effets propres :

  1. Le bêta-hydroxybutyrate (BHB) inhibe certaines voies inflammatoires (l’inflammasome NLRP3), d’où des effets anti-inflammatoires étudiés
  2. Les cétones sont un carburant « propre » pour le cerveau — d’où l’intérêt étudié dans l’épilepsie (le régime cétogène traite l’épilepsie réfractaire depuis les années 1920), et à l’étude dans Alzheimer, Parkinson
  3. Elles influencent l’expression génique (via l’inhibition des HDAC)

Cétose nutritionnelle vs acidocétose (distinction vitale) :

  • Cétose nutritionnelle : physiologique, sûre, cétones à 0,5-3 mmol/L (jeûne, régime keto)
  • Acidocétose diabétique : pathologique et dangereuse, cétones > 10 mmol/L, chez le diabétique type 1 non traité (manque total d’insuline). À ne JAMAIS confondre

Nuances pratiques :

  • L’adaptation aux cétones (« kéto-adaptation ») prend plusieurs semaines
  • Les cétones exogènes (suppléments) existent mais leurs bénéfices réels sont débattus
  • La cétose n’est pas magique pour tout le monde : réponse très individuelle

Les cétones illustrent la flexibilité métabolique humaine — notre capacité ancestrale à survivre aux périodes de disette en changeant de carburant.

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