Stéatose hépatique (foie gras non alcoolique)
Accumulation excessive de graisse dans le foie non liée à l'alcool, souvent silencieuse, devenue la maladie hépatique la plus répandue et fortement liée au syndrome métabolique.
La stéatose hépatique non alcoolique (NAFLD, ou MASLD selon la nouvelle nomenclature 2023) désigne un foie infiltré de graisse (>5% de son poids) chez une personne consommant peu ou pas d’alcool. C’est devenu la maladie du foie la plus fréquente au monde (~25-30% des adultes), en parallèle de l’épidémie d’obésité et de diabète.
Angle original (le fructose, carburant du foie gras) : contre-intuition majeure — ce n’est pas le « gras » alimentaire qui engraisse le foie, mais principalement l’excès de sucres, surtout le fructose.
Mécanisme : le fructose est métabolisé quasi exclusivement par le foie. En excès (sodas, sirops, sucreries), le foie le convertit en graisse (lipogenèse de novo) qui s’accumule sur place. C’est pourquoi les boissons sucrées sont un facteur de risque majeur, et pourquoi réduire les sucres (plus que les graisses) est la clé.
La progression silencieuse : la stéatose simple est souvent asymptomatique (découverte fortuite). Mais elle peut évoluer vers la stéatohépatite (NASH/MASH) — inflammation et lésions — puis fibrose, cirrhose, voire cancer du foie. Un « tueur silencieux » hépatique.
La réversibilité (bonne nouvelle) : aux stades précoces, le foie gras est largement réversible. Les leviers :
- Réduire sucres et fructose (sodas, jus, sucreries) — l’action la plus efficace
- Perdre du poids (même 7-10% du poids améliore nettement)
- Activité physique (réduit la graisse hépatique indépendamment du poids)
- Régime méditerranéen (le plus étudié et recommandé pour cette pathologie)
- Café (associé à un effet protecteur hépatique dans les études)
Le lien est fort avec l’insulinorésistance et le syndrome métabolique — le foie gras en est souvent la manifestation hépatique.