Graisse viscérale
Graisse profonde stockée autour des organes internes (foie, pancréas, intestins), métaboliquement active et bien plus dangereuse pour la santé que la graisse sous-cutanée.
Le corps stocke la graisse à deux endroits :
- Graisse sous-cutanée : sous la peau (cuisses, hanches, bras) — relativement inerte, moins nocive
- Graisse viscérale : en profondeur, enveloppant les organes de l’abdomen — métaboliquement dangereuse
Angle original (un organe endocrinien toxique) : la découverte majeure — la graisse viscérale n’est PAS un simple stock inerte, c’est un organe endocrinien actif qui sécrète en permanence des molécules :
- Des cytokines pro-inflammatoires (TNF-α, IL-6) → inflammation chronique de bas grade
- Des molécules qui aggravent l’insulinorésistance
- Des acides gras libres qui inondent le foie (→ foie gras)
Elle est ainsi au cœur du syndrome métabolique, du diabète type 2 et du risque cardiovasculaire. La graisse viscérale « communique » avec tout le corps de façon délétère.
Le phénotype TOFI (mince mais gras dedans) : contre-intuition majeure — on peut être de poids normal, voire mince, tout en ayant trop de graisse viscérale (« Thin Outside, Fat Inside »). Ces personnes « maigres métaboliquement obèses » ont des risques cachés qu’un IMC normal masque. À l’inverse, certaines personnes en surpoids avec surtout de la graisse sous-cutanée sont métaboliquement plus saines (« obésité métaboliquement saine »).
C’est pourquoi le tour de taille est un bien meilleur indicateur que le poids ou l’IMC (>94 cm homme, >80 cm femme = signal d’alerte en Europe).
La bonne nouvelle (elle fond en premier) : la graisse viscérale est la première à être mobilisée avec l’exercice et une meilleure alimentation. Quelques kilos perdus réduisent disproportionnellement la graisse viscérale et améliorent tous les marqueurs métaboliques — même avant une perte de poids visible.
Les leviers :
- Activité physique (surtout, très efficace sur le viscéral, même sans perte de poids)
- Réduire sucres et fructose (qui alimentent le foie et le viscéral)
- Sommeil et gestion du stress (le cortisol favorise le stockage viscéral)
- Alimentation riche en fibres et protéines