Physiologie

Graisse viscérale

En bref

Graisse profonde stockée autour des organes internes (foie, pancréas, intestins), métaboliquement active et bien plus dangereuse pour la santé que la graisse sous-cutanée.

Le corps stocke la graisse à deux endroits :

  • Graisse sous-cutanée : sous la peau (cuisses, hanches, bras) — relativement inerte, moins nocive
  • Graisse viscérale : en profondeur, enveloppant les organes de l’abdomen — métaboliquement dangereuse

Angle original (un organe endocrinien toxique) : la découverte majeure — la graisse viscérale n’est PAS un simple stock inerte, c’est un organe endocrinien actif qui sécrète en permanence des molécules :

  1. Des cytokines pro-inflammatoires (TNF-α, IL-6) → inflammation chronique de bas grade
  2. Des molécules qui aggravent l’insulinorésistance
  3. Des acides gras libres qui inondent le foie (→ foie gras)

Elle est ainsi au cœur du syndrome métabolique, du diabète type 2 et du risque cardiovasculaire. La graisse viscérale « communique » avec tout le corps de façon délétère.

Le phénotype TOFI (mince mais gras dedans) : contre-intuition majeure — on peut être de poids normal, voire mince, tout en ayant trop de graisse viscérale (« Thin Outside, Fat Inside »). Ces personnes « maigres métaboliquement obèses » ont des risques cachés qu’un IMC normal masque. À l’inverse, certaines personnes en surpoids avec surtout de la graisse sous-cutanée sont métaboliquement plus saines (« obésité métaboliquement saine »).

C’est pourquoi le tour de taille est un bien meilleur indicateur que le poids ou l’IMC (>94 cm homme, >80 cm femme = signal d’alerte en Europe).

La bonne nouvelle (elle fond en premier) : la graisse viscérale est la première à être mobilisée avec l’exercice et une meilleure alimentation. Quelques kilos perdus réduisent disproportionnellement la graisse viscérale et améliorent tous les marqueurs métaboliques — même avant une perte de poids visible.

Les leviers :

  1. Activité physique (surtout, très efficace sur le viscéral, même sans perte de poids)
  2. Réduire sucres et fructose (qui alimentent le foie et le viscéral)
  3. Sommeil et gestion du stress (le cortisol favorise le stockage viscéral)
  4. Alimentation riche en fibres et protéines
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