Régimes

Alimentation durable

En bref

Manière de se nourrir qui cherche à concilier santé, faible impact environnemental, accessibilité économique et respect des pratiques culturelles, telle que définie par la FAO.

L’alimentation durable ne se réduit pas à l’écologie. La définition de la FAO retient quatre dimensions simultanées : la santé, l’environnement, l’accessibilité économique et l’acceptabilité culturelle. Un régime irréprochable sur le plan climatique mais trop coûteux, ou impossible à tenir dans la durée, ne remplit pas le critère.

La bonne nouvelle est que santé et environnement convergent largement. Augmenter la part des végétaux, réduire celle des produits animaux, privilégier les produits de saison et limiter les aliments ultra-transformés améliore à la fois l’empreinte carbone et la qualité nutritionnelle. Les deux objectifs tirent dans le même sens plus souvent qu’on ne le croit.

Le gaspillage pèse plus lourd que le choix des produits. C’est le point le plus contre-intuitif : jeter un aliment revient à gaspiller l’ensemble des ressources mobilisées pour le produire, le transporter et le conserver. Réduire ses pertes à la maison a souvent plus d’effet que de longs arbitrages sur l’origine ou le mode de production.

Le local n’est pas non plus une garantie automatique. Le transport ne représente qu’une part modeste de l’empreinte de la plupart des aliments, loin derrière le mode de production. Une tomate de saison cultivée en plein champ à 500 km bat une tomate locale produite sous serre chauffée en hiver.

Deux repères chiffrés donnent l’échelle du sujet. Le rapport EAT-Lancet de 2019 a proposé un « régime de santé planétaire » : majoritairement végétal, avec de petites quantités de produits animaux, conçu pour nourrir dix milliards d’humains sans dépasser les limites environnementales. Et environ un tiers de la nourriture produite dans le monde est gaspillée — ce qui explique que ce levier pèse davantage que la plupart des arbitrages à l’achat.

Deux nuances pour finir. Le bio améliore l’état des sols et la biodiversité, mais avec des rendements parfois moindres, ce qui déplace une partie du problème. Et une alimentation durable doit rester accessible : des solutions réservées aux ménages aisés ne changent rien à l’échelle collective. Le flexitarisme et le régime méditerranéen en sont deux incarnations concrètes.

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