Chrome
Oligo-élément à l'état de traces qui participerait à l'action de l'insuline et au métabolisme des glucides, dont le statut de nutriment essentiel est aujourd'hui débattu.
Le chrome (sous sa forme trivalente Cr³⁺, la forme alimentaire) est un oligo-élément présent en quantités infimes. Il a longtemps été considéré comme nécessaire au bon fonctionnement de l’insuline, via une molécule appelée « facteur de tolérance au glucose ».
Angle original (le nutriment dont on doute) : cas rare et intéressant — le statut « essentiel » du chrome est aujourd’hui remis en question. Longtemps classé comme oligo-élément essentiel, il a été déclassé par certaines autorités (l’EFSA européenne ne lui reconnaît pas de rôle essentiel clairement établi). Aucune carence en chrome n’a été démontrée de façon convaincante chez l’humain en bonne santé se nourrissant normalement.
C’est un bon exemple de l’évolution de la science nutritionnelle : un nutriment autrefois présenté comme important peut être reconsidéré à mesure que les preuves s’affinent. Cela invite à la prudence face aux affirmations tranchées.
Le marketing des suppléments (picolinate de chrome) : malgré ces incertitudes, le chrome (picolinate de chrome) est vendu comme complément pour « contrôler la glycémie », « réduire les envies de sucre » et « aider à maigrir ». Les preuves de ces effets sont faibles et incohérentes — l’essentiel des études sérieuses ne montre pas de bénéfice significatif chez les personnes non carencées. Un exemple de complément survendu sur des bases fragiles.
En pratique : une alimentation variée apporte largement le chrome (à l’état de traces) présent dans de nombreux aliments. Il n’y a pas lieu de se supplémenter en l’absence de preuve d’un besoin réel.
Sources : brocoli, viande, céréales complètes, noix, haricots verts, levure de bière, un peu partout en traces.