Sérotonine
Neurotransmetteur impliqué dans la régulation de l'humeur, du sommeil, de l'appétit et de la digestion, surnommé « hormone du bien-être », majoritairement produit dans l'intestin.
La sérotonine régule l’humeur (elle procure calme et bien-être), le sommeil (précurseur de la mélatonine), l’appétit, la digestion et bien d’autres fonctions. Un déficit est associé à la dépression, l’anxiété, les troubles du sommeil.
Angle original (l’intestin, vraie usine à sérotonine) : contrairement à l’image « molécule du cerveau », ~90-95% de la sérotonine du corps est produite dans l’intestin par les cellules entérochromaffines, sous l’influence du microbiote ! Seule une petite fraction est cérébrale.
Cette sérotonine intestinale régule la motricité digestive (transit) et communique avec le cerveau via l’axe intestin-cerveau. Cela explique le lien profond entre santé intestinale et humeur — un microbiote perturbé peut affecter la production de sérotonine et donc le moral.
Nuance importante : la sérotonine intestinale ne traverse PAS directement la barrière hémato-encéphalique pour aller au cerveau. Le lien intestin-humeur passe par des voies indirectes (nerf vague, précurseurs, inflammation, métabolites bactériens). C’est plus subtil qu’un simple « transfert » de sérotonine.
Modulation alimentaire :
- Le tryptophane (précurseur) : dinde, œufs, fromage, tofu, graines de courge, banane
- Les glucides facilitent l’entrée du tryptophane dans le cerveau (d’où l’effet réconfortant du sucré… mais piège si excessif)
- Un microbiote sain (fibres, fermentés) soutient la production intestinale
- La lumière et l’exercice augmentent la sérotonine cérébrale
Sur la théorie de la dépression : le modèle « dépression = manque de sérotonine » est aujourd’hui remis en question (revue Moncrieff 2022) — la réalité est plus complexe (neuroplasticité, inflammation, contexte). L’alimentation et le mode de vie jouent un rôle, mais la dépression n’est pas un simple déficit à « recharger ».