Santé & prévention

E471 : danger ou pas ? Ce que disent l’EFSA et les études récentes

5 min de lecture 24 Sep 2026 Santé & prévention
⚡ L'essentiel
  • L'E471, ce sont les mono- et diglycérides d'acides gras, un émulsifiant très courant.
  • L'EFSA (2017) le juge sans problème de sécurité aux doses utilisées, sans dose maximale chiffrée.
  • Deux études NutriNet-Santé l'associent à un peu plus de maladies cardiovasculaires et de cancers, sans preuve de cause.
  • Pas de panique, mais une bonne raison de limiter les produits ultra-transformés.

La réponse courte

L’E471 n’est pas classé dangereux par l’autorité européenne. L’EFSA l’a réévalué en 2017 et a conclu qu’il ne posait pas de problème de sécurité aux doses utilisées, au point de ne pas fixer de dose journalière admissible chiffrée. Deux études françaises récentes, issues de la cohorte NutriNet-Santé, ont toutefois associé une consommation élevée d’E471 à un risque un peu plus élevé de maladies cardiovasculaires et de cancers. Ce sont des études d’observation, qui ne prouvent pas de lien de cause à effet. Il n’y a donc pas lieu de s’alarmer, mais c’est une bonne raison de limiter les produits ultra-transformés qui en contiennent.

Qu’est-ce que l’E471 ?

L’E471 désigne les mono- et diglycérides d’acides gras. Ce sont des molécules proches des graisses que nous mangeons, fabriquées à partir d’huiles ou de graisses. Dans un produit, ils servent d’émulsifiant : ils aident l’eau et la matière grasse à rester mélangées, donnent de la souplesse à une mie ou empêchent une glace de former des cristaux.

C’est l’un des émulsifiants les plus utilisés. On le trouve notamment dans les pains de mie et viennoiseries industriels, les pâtisseries et biscuits, les glaces, les margarines et pâtes à tartiner, et de nombreux plats préparés. Pour le repérer, il suffit de lire la liste des ingrédients : il y figure sous le nom « E471 » ou « mono- et diglycérides d’acides gras ». Notre guide pour bien lire les étiquettes alimentaires explique où chercher.

Ce que dit l’EFSA

L’Autorité européenne de sécurité des aliments a réévalué l’E471 en 2017. Ses experts n’ont relevé aucun effet indésirable dans les études de toxicité à court et à long terme, ni sur la reproduction, et aucun potentiel cancérogène. Ils ont conclu qu’une dose journalière admissible chiffrée n’était pas nécessaire et que l’additif ne posait pas de problème de sécurité aux usages et doses rapportés. L’EFSA a complété cet avis en 2021 pour les nourrissons de moins de 16 semaines.

D’où viennent les inquiétudes

Elles viennent de la cohorte française NutriNet-Santé, qui suit l’alimentation de dizaines de milliers d’adultes. Deux publications ont porté sur les émulsifiants :

Étude Participants Résultat pour l’E471
Maladies cardiovasculaires (BMJ, 2023) 95 442 adultes suivis 7,4 ans Risque plus élevé de 7 % par palier de consommation
Cancers (PLOS Medicine, 2024) 92 000 adultes suivis 6,7 ans Risque plus élevé de 15 % pour tous cancers entre les plus gros et les plus petits consommateurs, 24 % pour le sein, 46 % pour la prostate
Sellem et al., BMJ 2023 et PLOS Medicine 2024. Le « palier » correspond à un écart-type de consommation.

Ces chiffres sont à lire avec prudence. Une étude d’observation montre qu’un groupe consommant plus d’E471 a davantage de problèmes de santé, sans pouvoir prouver que l’additif en est la cause : les grands consommateurs d’E471 mangent aussi plus de produits ultra-transformés, souvent plus gras, plus sucrés et plus salés. Les auteurs eux-mêmes écrivent que leurs résultats doivent être confirmés dans d’autres populations.

Faut-il l’éviter ?

Il n’y a pas de raison de traquer l’E471 à tout prix : aux doses actuelles, l’EFSA ne le juge pas dangereux. En revanche, sa présence est un bon indicateur d’un produit industriel très transformé. Réduire ces produits au profit d’aliments bruts et de préparations maison fait baisser naturellement ta consommation d’émulsifiants. Le programme national nutrition santé 2019-2023 s’était d’ailleurs fixé l’objectif de réduire de 20 % la consommation d’aliments ultra-transformés. Voir notre définition des aliments ultra-transformés.

  • Pain : le pain « de tradition française » ne peut contenir aucun additif, contrairement à de nombreux pains de mie.
  • Gâteaux et biscuits : faits maison, ils n’en contiennent pas.
  • Glaces et desserts : compare les listes d’ingrédients, elles varient beaucoup d’une marque à l’autre.

Questions fréquentes

L’E471 est-il d’origine animale ?

Il peut être fabriqué à partir de graisses végétales ou animales, et l’étiquette ne précise pas toujours l’origine. Les produits certifiés végans ou halal garantissent une origine compatible.

L’E471 est-il cancérigène ?

L’EFSA n’a trouvé aucun potentiel cancérogène en 2017. Une étude française de 2024 a observé plus de cancers chez les plus gros consommateurs, mais sans preuve de cause à effet, et les auteurs demandent que ce résultat soit confirmé.

Quelle est la dose maximale d’E471 ?

Il n’y en a pas de chiffrée : l’EFSA a estimé qu’une dose journalière admissible n’était pas nécessaire.

L’E471 contient-il des graisses trans ?

Il peut en contenir quand il est fabriqué à partir de graisses hydrogénées. L’EFSA a recommandé en 2017 de fixer une teneur maximale en acides gras trans dans les spécifications de l’additif.

Comment le repérer sur une étiquette ?

Dans la liste des ingrédients, sous le code E471 ou le nom « mono- et diglycérides d’acides gras », souvent précédé de la mention « émulsifiant ».

Pour aller plus loin : notre fiche du glossaire sur les additifs alimentaires.

Nos sources

  • EFSA, Re-evaluation of mono- and di-glycerides of fatty acids (E 471) as food additives, EFSA Journal, 2017 ; avis complémentaire, 2021.
  • Sellem L. et al., Food additive emulsifiers and risk of cardiovascular disease in the NutriNet-Santé cohort, BMJ, 2023.
  • Sellem L. et al., Food additive emulsifiers and cancer risk, PLOS Medicine, 2024.