Physiologie

Cheveux et nutrition

En bref

La croissance du cheveu dépend d'un apport suffisant en protéines, fer et zinc, et réagit aux carences avec plusieurs mois de décalage.

Le cheveu est constitué de kératine, une protéine riche en acides aminés soufrés. Sa production est l’une des plus coûteuses de l’organisme en énergie et en matériaux, ce qui explique qu’elle soit précocement sacrifiée en cas de restriction ou de carence.

Trois nutriments ressortent nettement. Les protéines d’abord : un apport insuffisant fragilise directement la fibre. Le fer ensuite, dont le déficit est l’une des causes les mieux documentées de chute diffuse, particulièrement chez les femmes. Le zinc enfin, impliqué dans la kératinisation.

Le décalage temporel est le point le plus déroutant. Le cheveu suit un cycle : une phase de croissance de plusieurs années, puis une phase de repos et de chute. Un événement — régime restrictif, accouchement, forte fièvre, choc — fait basculer prématurément des cheveux en phase de chute, mais celle-ci ne devient visible que deux à quatre mois plus tard. On cherche donc la cause au mauvais moment.

Un mot sur la biotine (vitamine B8), omniprésente dans les compléments capillaires : sa carence est exceptionnelle chez une personne qui mange normalement, et la supplémentation n’a d’effet démontré qu’en cas de déficit avéré. Elle fausse en revanche plusieurs dosages sanguins, dont ceux de la thyroïde — à signaler avant une prise de sang.

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