Alimentation & équilibre

Le PNNS : programme national nutrition santé

La rédaction de Nutrition & Santé 14 min de lecture 2 Oct 2026 Alimentation & équilibre
Le PNNS : programme national nutrition santé
⚡ L'essentiel
  • Le PNNS (Programme National Nutrition Santé), lancé en 2001, guide les Français vers une alimentation plus saine.
  • Son but : réduire les maladies liées à la nutrition (obésité, diabète, maladies cardiovasculaires).
  • Il s'adresse à tous les âges, avec des recommandations basées sur la science.
  • Dernière version en date : le PNNS-4 (2019), après les PNNS-2 et 3.

Le Programme national nutrition santé (PNNS) est la politique publique française de nutrition. Lancé en 2001, il vise à améliorer la santé de toute la population en agissant sur l’alimentation, l’activité physique et la sédentarité. Il a été reconduit en 2006, 2011 et 2019, et sa cinquième version, le PNNS 5, a été lancée le 8 avril 2026 pour la période 2026-2030. Pour toi, le PNNS se traduit surtout par des repères concrets (au moins 5 fruits et légumes par jour, des légumes secs au moins deux fois par semaine, pas plus de 500 g de viande hors volaille par semaine…), par le Nutri-Score sur les emballages et par le site Manger Bouger.

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Ce guide fait le point sur ce que contient le programme, sur les repères officiels en vigueur pour les adultes, sur la façon dont les Français les suivent, et sur la manière de les appliquer sans te compliquer la vie.

Le PNNS en bref

Selon Manger Bouger, le site public du programme, le PNNS a pour objectif général « l’amélioration de l’état de santé de l’ensemble de la population en agissant sur l’un de ses déterminants majeurs : la nutrition ». Le mot nutrition y couvre trois choses : ce que l’on mange, l’activité physique et le temps passé assis. La nutrition est reconnue comme un facteur de protection ou de risque pour les maladies les plus répandues en France : cancers, maladies cardiovasculaires, obésité, ostéoporose et diabète de type 2.

Le programme ne se résume pas à des conseils. Il s’appuie sur une chaîne d’expertise : l’Anses établit le socle scientifique (son rapport d’actualisation des repères date de décembre 2016), le Haut Conseil de la santé publique (HCSP) fixe les objectifs, puis Santé publique France formule les messages pour le grand public et les teste auprès de la population. Depuis 2007, certains repères apparaissent aussi sur les publicités alimentaires, sous forme de messages sanitaires obligatoires comme « Pour votre santé, mangez au moins cinq fruits et légumes par jour ».

Version Année de lancement Ce qu’il faut retenir
PNNS 1 2001 Premiers repères nutritionnels officiels pour le grand public
PNNS 2 2006 Reconduction du programme
PNNS 3 2011 Reconduction du programme
PNNS 4 2019 (période 2019-2023) Nouveaux repères adultes de 2019 ; programme terminé fin 2024 avec un bilan jugé peu concluant
PNNS 5 2026 (période 2026-2030) 3 axes, 20 mesures, articulé avec la Stratégie nationale pour l’alimentation, la nutrition et le climat
Manger Bouger, Qu’est-ce que le PNNS ? ; Vidal, Le cinquième programme national nutrition santé officiellement lancé, 2026.

Le PNNS 5 (2026-2030) : ce qui change

Le PNNS 5 décline la politique nutritionnelle du gouvernement jusqu’en 2030. Il s’appuie sur la Stratégie nationale de santé, la Stratégie nationale pour l’alimentation, la nutrition et le climat (SNANC 2025-2030) et la Stratégie nationale sport santé. Son ambition, selon Manger Bouger : mieux prévenir les maladies chroniques, améliorer l’accès de tous à une alimentation saine, durable et de qualité, et réduire les inégalités sociales et territoriales en nutrition.

Les trois axes

  1. Garantir à tous l’accès à des environnements nutritionnels durables favorables à la santé.
  2. Encourager des comportements nutritionnels sains et durables.
  3. Faire des milieux de vie des espaces promoteurs de santé.

Les objectifs chiffrés

Domaine Objectif pour 2030
Surpoids et obésité des enfants et adolescents Baisse de 30 % de la prévalence, et de 20 % chez ceux issus de familles défavorisées
Utilisation du Nutri-Score pour les achats 40 % des Français (contre 33 % aujourd’hui)
Produits transformés affichant le Nutri-Score 75 % du volume des ventes (contre 62 %)
Allaitement 85 % d’enfants allaités à la naissance, au moins 75 % en allaitement exclusif
Produits bio 12 % de la consommation
Vidal, présentation du PNNS 5, avril 2026.

Quelques mesures concrètes

  • Réduire progressivement la teneur en sucres de certains produits destinés aux enfants.
  • Inciter la grande distribution à retirer les confiseries des sorties de caisse.
  • Protéger les enfants des publicités pour des produits peu favorables à la santé.
  • Encadrer la qualité nutritionnelle des repas des enfants de moins de 4 ans.
  • Évaluer le dispositif des petits déjeuners à l’école.
  • Expérimenter pendant trois ans le Nutri-Score en restauration collective, en restauration commerciale et pour les produits en vrac.
  • Soutenir l’allaitement (label des maternités, accompagnement du retour au travail) et renforcer la prévention de la dénutrition des personnes âgées.
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Sur ce dernier point, notre guide sur la dénutrition explique comment la repérer tôt. Quant au PNNS 4, il n’a pas encore été évalué en détail : les résultats de l’étude nationale Albane, qui mesurera l’état nutritionnel de la population, ne sont attendus qu’en 2027-2028.

Main choisissant une pomme sur un étal de fruits au marché

Les repères alimentaires officiels pour les adultes

Les repères actuellement en vigueur datent de 2019. Santé publique France les a formulés à partir des travaux de l’Anses et du HCSP, avec deux niveaux : une version simplifiée, et une version détaillée avec des quantités. Voici la version détaillée.

Groupe d’aliments Repère principal À savoir
Fruits et légumes Au moins 5 par jour, par exemple 3 portions de légumes et 2 fruits Frais, surgelés ou en conserve ; pas plus d’un verre de jus de fruits par jour ; fruits séchés occasionnellement
Fruits à coque Une petite poignée par jour Noix, noisettes, amandes, pistaches non salées
Légumes secs Au moins 2 fois par semaine Peuvent remplacer la viande, associés à un produit céréalier
Féculents complets Au moins 1 par jour Pain, pâtes, riz complets ou semi-complets
Poisson 2 fois par semaine, dont 1 poisson gras Sardine, maquereau, hareng, saumon ; varier les espèces
Produits laitiers 2 par jour La crème, le beurre et les desserts lactés ne comptent pas
Matières grasses Tous les jours en petites quantités Privilégier les huiles de colza, de noix et d’olive
Viande (hors volaille) 500 g par semaine au maximum Environ 3 ou 4 steaks ; privilégier la volaille
Charcuterie 150 g par semaine au maximum Environ 3 tranches de jambon blanc
Boissons L’eau est la seule boisson recommandée Boissons sucrées, jus et sodas même light : pas plus d’un verre par jour
Alcool 2 verres par jour au maximum, et pas tous les jours Au maximum 10 verres standard par semaine
Sel Réduire Goûter avant de saler, préférer le sel iodé
Santé publique France, Recommandations relatives à l’alimentation, à l’activité physique et à la sédentarité pour les adultes, 2019 (formulations finales).

Pour aller plus loin sur certains repères, nos guides détaillent combien de viande rouge par semaine, combien de poisson par semaine et combien de noix par jour.

La version simplifiée : augmenter, aller vers, réduire

Pour ceux que les chiffres rebutent, Santé publique France a aussi classé les repères en trois verbes, dans une logique de « petits pas » :

  • Augmenter : les fruits et légumes, les légumes secs, les fruits à coque, le fait maison et l’activité physique.
  • Aller vers : les féculents complets, une alternance de poissons gras et maigres, les huiles de colza, de noix et d’olive, une consommation de produits laitiers suffisante mais limitée, les aliments de saison, locaux et bio.
  • Réduire : l’alcool, les produits et boissons sucrés, les produits salés, la charcuterie, la viande hors volaille, les produits notés D et E au Nutri-Score et le temps passé assis.
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Les conseils généraux qui accompagnent ces repères sont tout aussi importants : prendre plaisir à manger, privilégier le fait maison, faire attention à la taille des portions. Et surtout, l’alimentation peut s’équilibrer sur plusieurs jours : un repas ne fait pas une journée, une journée ne fait pas une semaine.

Les repères d’activité physique et de sédentarité

Le PNNS traite l’activité physique comme une composante de la nutrition. Pour les adultes, Santé publique France recommande au moins 30 minutes d’activités physiques dynamiques par jour, en précisant qu’« un peu d’activité physique c’est déjà bien, plus c’est encore mieux ». Pour plus de bienfaits, elle conseille deux fois par semaine des activités de renforcement musculaire, d’assouplissement et d’équilibre.

La sédentarité fait l’objet d’un repère à part, car elle constitue un facteur de risque même chez les personnes actives : ne pas rester assis trop longtemps et marcher un peu toutes les 2 heures. Notre guide de l’activité physique au quotidien donne des idées pour y arriver. Le sujet a d’ailleurs été au cœur de la grande cause nationale 2024.

Les messages sanitaires sur les publicités

Tu as sûrement déjà lu ces phrases en bas d’une publicité pour un biscuit ou un soda. Elles viennent directement du PNNS. Depuis 2007, l’article L2133-1 du Code de la santé publique, issu de la loi du 9 août 2004 relative à la politique de santé publique, oblige les annonceurs de produits alimentaires manufacturés à accompagner leurs publicités d’un message sanitaire. Il en existe quatre :

  • « Pour votre santé, pratiquez une activité physique régulière » ;
  • « Pour votre santé, mangez au moins cinq fruits et légumes par jour » ;
  • « Pour votre santé, évitez de manger trop gras, trop sucré, trop salé » ;
  • « Pour votre santé, évitez de grignoter entre les repas ».

Ces messages reprennent des repères historiques du programme. Les repères de 2019 vont plus loin et plus précisément, par exemple sur les légumes secs, les fruits à coque ou la charcuterie, qui n’apparaissent pas dans ces bandeaux.

L’alcool : les situations où l’option la plus sûre est zéro

Au-delà du repère de 10 verres par semaine au maximum, Santé publique France précise que l’option la plus sûre est de ne pas boire d’alcool en cas de conduite automobile, de manipulation d’outils ou de machines, de sport à risque, de prise de certains médicaments ou de certaines maladies. Pour chaque occasion, elle conseille de boire lentement, en mangeant et en alternant avec de l’eau.

Où en sont les Français ?

L’étude Esteban de Santé publique France (2014-2016) a mesuré l’écart entre les assiettes et les repères. Les chiffres montrent que le chemin reste long.

Indicateur (adultes) Résultat
Au moins 5 fruits et légumes par jour 28 % des adultes (13 % des enfants)
Aucun produit céréalier complet ni légume sec sur 3 jours d’enquête 60 % des adultes (71 % des enfants)
Au moins 25 g de fibres par jour 13 % des adultes (2 % des enfants)
Poisson deux fois par semaine Un quart seulement
Moins de 6 g de sel par jour 22 % des adultes (40 % des enfants)
Acides gras saturés sous 36 % des lipides 17 % des adultes
Surpoids ou obésité (IMC ≥ 25) 54 % des hommes et 44 % des femmes
Obésité (IMC ≥ 30) 17 % des adultes
Santé publique France, résultats de l’étude Esteban (données 2014-2016).

Chez les enfants de 6 à 17 ans, Esteban estimait le surpoids (obésité incluse) à 17 %, dont 4 % d’obésité, avec une prévalence plus élevée quand les parents étaient moins diplômés. C’est ce gradient social que le PNNS 5 cherche à réduire.

La connaissance des repères progresse mais reste inégale. Selon l’étude INCA 3 de l’Anses (2017), 59 % des adultes connaissaient le repère sur les fruits et légumes et 71 % celui sur l’activité physique, mais seulement 36 % celui sur le poisson, 22 % celui sur les produits laitiers et 7 % celui sur les féculents.

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Le Nutri-Score, un outil du programme

Le Nutri-Score est souvent présenté à tort comme une création du PNNS 4. Selon Santé publique France, il a été mis en place en France en 2017, à partir des travaux du Pr Serge Hercberg et de l’expertise de l’Anses et du HCSP, puis intégré aux repères de 2019 (« réduire les produits notés D et E »).

  • Ce qu’il mesure : pour 100 g ou 100 ml de produit, les éléments à favoriser (fibres, protéines, fruits et légumes) et ceux à limiter (énergie, acides gras saturés, sucres, sel, et édulcorants pour les boissons). Le résultat donne une lettre de A à E.
  • Ce qu’il ne mesure pas : les additifs, les pesticides ou le degré de transformation. Les produits non transformés comme les fruits, les légumes ou le poisson frais ne sont pas concernés, ni les boissons alcoolisées.
  • Son statut : il reste facultatif ; les entreprises choisissent de l’afficher. Il est aujourd’hui utilisé dans sept pays européens.
  • Son évolution : un algorithme révisé, proposé en 2023 par le comité scientifique européen pour mieux coller aux recommandations, s’applique progressivement en France depuis mars 2025.

Le bon usage, selon Santé publique France : comparer des produits d’un même rayon (les céréales du petit déjeuner vont de A à E) ou un même plat de marques différentes. Notre guide pour lire les étiquettes alimentaires complète ce réflexe.

Appliquer les repères au quotidien

Les repères se traduisent assez simplement en repas. Voici une façon de les répartir sur une semaine, sans rien peser :

  • Chaque jour : des légumes au déjeuner et au dîner, deux fruits, un féculent complet (pain complet au petit déjeuner, par exemple), deux produits laitiers, une petite poignée de noix ou d’amandes, de l’eau comme boisson.
  • Au moins deux fois dans la semaine : un plat de légumes secs, comme un curry de lentilles corail ou un chili sin carne.
  • Deux fois dans la semaine : du poisson, dont un poisson gras, par exemple du saumon, riz complet et brocoli.
  • Le reste du temps : de la volaille, des œufs, et 3 ou 4 portions de viande rouge au maximum dans la semaine.

La Fabrique à menus du site Manger Bouger propose des menus hebdomadaires construits sur ces repères. Pour une vue d’ensemble de l’équilibre alimentaire, notre guide manger équilibré reprend ces principes, et celui sur les fibres alimentaires t’aide à combler l’écart le plus marqué chez les Français.

Et pour les autres âges ?

Les repères présentés ici concernent les adultes. Le PNNS publie aussi des recommandations spécifiques pour les femmes enceintes et allaitantes, les enfants de 0 à 3 ans (diversification alimentaire), les enfants et adolescents, et les adultes de plus de 75 ans. Pour l’alcool, par exemple, le repère est « zéro » pendant la grossesse et pour les enfants et adolescents. Nos guides sur l’alimentation pendant la grossesse et la diversification alimentaire détaillent ces situations.

Idées reçues sur le PNNS

  • « 5 fruits et légumes, c’est 5 fruits et 5 légumes. » Non : c’est 5 portions au total. Santé publique France a justement constaté qu’une partie non négligeable de la population comprenait « 5 fruits + 5 légumes ».
  • « Le jus de fruits compte comme un fruit. » Les jus sont très sucrés et pauvres en fibres : pas plus d’un verre par jour, de préférence un fruit pressé.
  • « Les produits laitiers, plus on en mange, mieux c’est. » Le repère est de 2 par jour : une consommation « suffisante mais limitée ».
  • « Le PNNS interdit des aliments. » Aucun aliment n’est interdit ; certains sont à limiter, et l’équilibre s’apprécie sur plusieurs jours.
  • « Le Nutri-Score dit si un produit est sain. » Il compare la qualité nutritionnelle entre produits similaires, sans tenir compte des additifs ni de la transformation.
Jeune femme tenant un chou vert devant un étal de légumes au marché

Questions fréquentes

Qu’est-ce que le PNNS ?

Le Programme national nutrition santé, lancé en 2001, est la politique publique française pour améliorer la santé de la population par l’alimentation, l’activité physique et la réduction de la sédentarité.

Quel PNNS est en vigueur en 2026 ?

Le PNNS 5, lancé le 8 avril 2026 pour la période 2026-2030, avec 3 axes et 20 mesures. Les repères alimentaires adultes restent ceux de 2019.

Combien de viande par semaine selon le PNNS ?

Il faut privilégier la volaille et limiter les autres viandes à 500 g par semaine, soit environ 3 ou 4 steaks, et la charcuterie à 150 g par semaine.

Le Nutri-Score est-il obligatoire ?

Non, son affichage reste volontaire. Le PNNS 5 vise 75 % du volume des ventes de produits transformés avec le logo d’ici 2030.

Quel est l’objectif du PNNS 5 sur l’obésité ?

Réduire de 30 % la prévalence du surpoids et de l’obésité chez les enfants et adolescents, et de 20 % chez ceux issus de familles défavorisées.

Cet article informe, il ne remplace pas l’avis de ton médecin ou d’un diététicien.

Nos sources

  • Manger Bouger (Santé publique France), Qu’est-ce que le PNNS ?, consulté en 2026.
  • Santé publique France, Recommandations relatives à l’alimentation, à l’activité physique et à la sédentarité pour les adultes, état des connaissances, 2019.
  • Vidal, Le cinquième programme national nutrition santé officiellement lancé, avril 2026.
  • Santé publique France, Les résultats de l’étude Esteban 2014-2015 (volet nutrition et état nutritionnel).
  • Anses, Étude individuelle nationale des consommations alimentaires 3 (INCA 3), rapport d’expertise collective, 2017.
  • Santé publique France, Nutri-Score, page thématique, consultée en 2026.
  • Anses, Actualisation des repères du PNNS : révisions des repères de consommations alimentaires, 2016.

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